Avoir des humbles sentiments de soi

Avoir des humbles sentiments de soi

Tout homme désire naturellement de savoir; mais la science sans la crainte de Dieu, que vaut-elle? 

Un humble paysan qui sert Dieu est certainement fort au-dessus du philosophe superbe qui, se négligeant lui-même, considère le cours des astres. 
Celui qui se connaît bien se méprise et ne se plaît point aux louanges des hommes. Quand j’aurais toute la science du monde, si je n’ai pas la charité, à quoi cela me servirait-il devant Dieu, qui me jugera sur mes œuvres? (I Cor. 13, 2-3) 2. 
 Modérez le désir trop vif de savoir; on ne trouvera là qu’une grande dissipation et une grande illusion. 
Les savants sont bien aises de paraître et de passer pour habiles.
 Il y a beaucoup de choses qu’il importe peu ou qu’il n’importe point à l’âme de connaître; et celui-là est bien insensé qui s’occupe d’autre chose que de ce qui intéresse son salut. 
La multitude des paroles ne rassasie point l’âme; mais une vie sainte et une conscience pure donnent le repos du cœur et une grande confiance près de Dieu. 
3. Plus et mieux vous savez, plus vous serez sévèrement jugé, si vous n’en vivez pas plus saintement. 
Quelque art et quelque science que vous possédiez, n’en tirez donc point de vanité; craignez plutôt à cause des lumières qui vous ont été données.
 Si vous croyez beaucoup savoir et savoir bien, souvenez-voas que c’est peu de chose près de ce que vous ignorez. 
Ne vous élevez point en vous-même (Rom. 11, 20): avouez plutôt votre ignorance.
 Comment pouvez-vous songer à vous préférer à quelqu’un, tandis qu’il y en a tant de plus doctes que vous et de plus instruits en la loi de Dieu? 
Voulez-vous apprendre et savoir quelque chose qui vous serve? Aimez à vivre inconnu et à n’être compté pour rien. 
4. La science la plus haute et la plus utile est la connaissance exacte et le mépris de soi-même. 
Ne rien s’attribuer et penser favorablement des autres, c’est une grande sagesse et une grande perfection.
 Quand vous verriez votre frère commettre ouvertement une faute, même une faute très grave, ne pensez pas cependant être meilleur que lui; car vous ignorez combien de temps vous persévérerez dans le bien. 
Nous sommes fragiles; mais croyez que personne n’est plus fragile que vous.
 RÉFLEXION 

L’orgueil a perdu l’homme, l’humilité le relève et le rétablit en grâce avec Dieu: son mérite n’est pas dans ce qu’il sait mais dans ce qu’il fait. 
 La science sans les œuvres ne le justifiera point au tribunal suprême, elle aggravera plutôt son jugement. Ce n’est pas que la science n’ait ses avantages, puisqu’elle vient de Dieu: mais elle cache un grand piège et une grande tentation.​

  Elle enfle (I Cor. 8, 1), dit l’Apôtre: elle nourrit le superbe, elle inspire une secrète préférence de soi, préférence criminelle et folle en même temps, car la science la plus étendue n’est qu’un autre genre d’ignorance, et la vraie perfection consiste uniquement dans les dispositions du cœur.
 N’oublions jamais que nous ne sommes rien, que nous ne possédons en propre que le péché, que la justice veut que nous nous abaissions au-dessous de toutes les créatures, et que dans le royaume de Jésus-Christ, les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers (Mt. 19, 30). 
Bénissez votre âme ici

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